La naissance de MCC : de la R&D aux fournisseurs

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Vous connaissez My Choupi Chouz aujourd’hui, avec ses belles chaussures à talons interchangeables, mais avez-vous une idée de comment ce projet est devenu un jour réalité

J’ai décidé de tout vous raconter, les beaux moments, mais aussi les galères, car ce n’est pas simple de créer sa marque et encore moins des produits innovants dans un secteur plein de traditions. 

Alors, installez-vous correctement avec un bon thé chaud, l’histoire va commencer…

Cela fait maintenant 4 ans que j’ai décidé de me lancer à plein temps dans l’aventure entrepreneuriale et que j’ai créé le mécanisme MCC !

L’idée ? Je l’ai eue en juin 2015… Après 6 mois de recherches d’emploi infructueuses, l’idée est apparue et je me suis dit « pourquoi pas créer mon propre emploi ! ». 

Je suis à ce moment-là très motivée à l’idée de développer ce nouveau projet mais il faut commencer par le plus difficile : développer un nouveau mécanisme à la fois simple, esthétique, pratique, résistant et abordable !

Avec toutes ces contraintes en tête, il est temps de commencer…

LES PREMIERS ESSAIS

C’est parti pour les premiers tests pour créer un nouveau mécanisme de verrouillage et de déverrouillage de talons sur une chaussure. Dès le début, mon père a cru au projet et nous bricolons donc ensemble dans la cour de son immeuble, en achetant des sandales, en cassant des talons de chaussures et en essayant d’ajouter des talons avec pas mal d’outils de bricolage. Je passe la plupart de mon temps dans les magasins de bricolage pour acheter du bois, des vis ou des outillages. Super glam, hein, le lancement d’une marque de chaussures !?

Pour que cela fonctionne, un outil imposant et peu pratique était nécessaire. Les talons ne pouvaient avoir qu’une forme et hauteur très contraignante. Et pour couronner le tout, ce n’était vraiment pas beau à voir ! Bref, on était très loin du résultat !

Allez une petite photo en cadeau : il y a de l’idée non !? Haha !

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LA PAUSE CDD

Mais, entre-temps, coup de théâtre, on me propose le job de mes rêves. 

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Et, la raison l’emportant sur le coeur, je choisis le poste que je me démenais à avoir depuis des mois (Chef de Produit Développement dans les Parfums) car je n’avais pas pour autant oublié ma passion première ! 

Je pensais pouvoir développer mon projet à côté de mon emploi mais j’ai très vite déchanté.

Avec les horaires en Marketing, je ne vous cache pas que le projet est bien vite passé au second plan, ce qui a retardé un peu le début de MCC… Mais, je ne regrette pas, cela a été très formateur et enrichissant ainsi qu’un gain financier non négligeable afin de me lancer par la suite (j’ai, entre autres, pu bénéficier du chômage pendant 1 an lors du développement du projet MCC).

Fin de mon contrat, il est temps de se jeter dans le grand bain…  

 

LA NAISSANCE DU MCC CLIC

Un an après, je me lance donc à fond dans le projet et je décide de retourner sur la Côte d’Azur chez mon père pour qu’il m’aide à bricoler (et puis ça me permet de me sentir un peu moins paumée, seule devant un grand projet héhé !). On a essayé beaucoup de choses pour clipser et déclipser (un mécanisme complètement visible à l’extérieur : vraiment pas esthétique ! Un mécanisme super compliqué : difficile à produire et puis ça ne fonctionnait pas haha…).

4ème essai, nous voilà enfin avec un prototype qui fonctionne ! Mais qui casse au bout d’une heure du port de la chaussure. Et puis, il fallait un tournevis pour changer de talons… 

Vous auriez aimé devoir emporter votre tournevis tous les jours avec vous, vous ? (Je vous laisse imaginer la scène hahaha)

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Nous n'avions donc pas encore trouvé ce qui deviendrait plus tard, le MCC Clic… Mais, il faut rester motivée, ce n’est que le début des péripéties !

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De retour à Paris, un ami qui a fondé une entreprise spécialisée dans l’impression 3D me prête une imprimante 3d (encore merci à lui, coucou Alex !). Cela m’a permis de passer du bricolage au design 3D plus pro et plus facile pour moi !

J’ai appris rapidement à faire des plans 3D grâce à mes notions de plan 2D acquises en école d’ingénieur BTP ; comme quoi, chaque expérience est importante et peut servir, même le bâtiment pour faire des shoes ;) ! 

Et des premiers prototypes plus proches de la réalité voient enfin le jour ! Ci-joint Un essai de talon en impression 3D : on dirait nos 9 cm quasiment ;)

Mais à ce moment-là, il fallait encore un tournevis pour que cela fonctionne. Bref, il fallait vite trouver une nouvelle idée…

Rapidement, je décide d’investir dans une imprimante 3D puisque je comprends que c’est la clé de la réussite de la R&D !

Vous pouvez découvrir ici mon poste de travail où j’ai passé mes journées seule, pendant quasiment 2 ans (sur la table de salle à manger de ma mère, merci maman pour ta patience hihi) et ma première impression avec mon nouveau jouet, le dérouleur de fil !

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Un peu plus tard dans l’année, après avoir imprimé quelques mécanismes, je retourne chez mon père afin de les assembler sur une chaussure. C’est reparti : on casse le talon et je peux vous dire qu’il faut le vouloir haha !

C’est le 6ème essai et ça a l’air de fonctionner ! Hourra, on est sur la bonne voie !

Bien que similaire à l’actuel, le mécanisme était encore très gros à ce moment-là. Mais, il fonctionnait et ça, ça m’a donné un nouveau souffle pour croire au projet

Hop, je tourne ma première vidéo au style MCC : j’arrive en petits talons, je les déclipse et je change pour des talons plus hauts ! Je ressens encore toute cette joie et émotion en écrivant ces mots ! Mon bébé venait de naître !

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Puis, on trouve une autre idée pour améliorer encore le mécanisme et pour ainsi diminuer sa taille et son prix. 

C’est le moment de protéger mon innovation et je dépose ainsi un brevet ! Faute de moyens financiers à ce moment, j’ai dû me plonger seule dans les tracasseries techniques, administratives et juridiques. Ce n’était pas la partie la plus fun du développement de la marque…

EN QUÊTE DE PARTENAIRES

Après plusieurs mois d’essais et de passages dans les magasins de bricolage, le MCC Clic est enfin là ! Mais il me reste une partie très importante : la recherche de fournisseurs et d’usines

Au départ, j’étais très attirée par la Chine. Je parlais le chinois et j’avais passé un long séjour là-bas à étudier et à travailler avec des usines chinoises. Mais d’un autre côté, j’avais un doute concernant la partie confidentialité et la qualité, pas simple à gérer à distance.

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Après réflexion et en parlant avec d’autres entrepreneurs, j’ai ouvert les yeux sur ce qui était le mieux pour la marque et j’ai décidé de chercher mes usines au Portugal, bien connu pour sa qualité, son savoir-faire traditionnel et ses prix restants assez accessibles.

Je suis tellement contente d’avoir pris cette décision avec le recul : d’un point de vue entrepreneurial, la proximité est tellement plus simple (j’y allais tous les mois au début), cela réduit aussi les coûts de développement et la culture reste proche de la nôtre. D’un point de vue marque, cela implique aussi tous les bénéfices de la production locale (cf l’article à ce sujet) et l’image européenne est fortement appréciée !

Au début, j’ai tout de même été surprise de voir la différence de prix entre la Chine et le Portugal, moi qui voulais proposer des produits abordables… Mais, désormais, j’assume de payer le prix pour un savoir-faire, une confiance, une qualité et des conditions de travail exemplaires.

Revenons à nos moutons…

Je me suis alors rendue sur le salon de la chaussure (le MICAM) à Milan pour trouver des fournisseurs européens et pour discuter avec eux du projet. J’ai eu très rapidement une dizaine de contacts. À ce moment-là, je ne voulais pas leur dévoiler toute la technique, car c’était encore très confidentiel. 

En parallèle, j’avais trouvé un fournisseur français pour une partie importante du mécanisme. Ils ont l’habitude de travailler pour l’armée ou la téléphonie alors ce projet était intriguant et plein de défi pour eux, comme pour moi.

Quelques mois plus tard, je me rends au Portugal pour les premiers rendez-vous avec plusieurs fournisseurs. Mon choix n’était pas encore fait et je voulais voir qui était vraiment motivé par le projet et si le feeling passait bien (et puis le style des produits et prix étaient aussi des critères ;)).

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C’est la première fois que je me rendais au Portugal et ce séjour était la destination finale d’un long voyage qui m’a permis de m’aérer l’esprit et d’accompagner mon père célibataire :P au bout du monde ! Ce voyage me fait encore sourire aujourd’hui car il y avait de nombreuses premières fois. Alors, je vais vous en raconter une partie :)

Après une transatlantique où je pouvais travailler et voyager en même temps, je quitte le navire avant la fin du voyage, avec ma grosse valise, seule, et je débarque dans le sud de l’Espagne, à Cadiz.

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Je rejoins ensuite mon amoureux à Séville pour notre premier weekend à l’étranger ensemble. Mais je n’oublie pas le travail pour autant puisque je devais finir mon business plan pour le présenter aux usines (petite photo de sangria et business plan : il ne faut pas oublier de profiter quand même :P).

Puis, après ces jours marqués par les tapas et les bons vins, je laisse B pour prendre un car direction Faro au Portugal puis finir le trajet par un train pour Porto (toujours avec mon énorme valise à traîner…).

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Nous y voilà ! Je suis au Portugal, je ne parle pas portugais, je vais présenter un projet compliqué à réaliser mais j’y crois !

Premiers rendez-vous avec les usines, ce n’était pas facile de jongler entre la partie confidentielle et la partie qui pouvait les intéresser et motiver… Je parle l’espaglais, le portugnol ou le franguais (un mélange d’espagnol avec quelques mots portugais et des passages en français ou anglais).

J’en profite pour faire quelques visites entre 2 rendez-vous usines, manger beaucoup de bacalhau, découvrir le pays et la culture de ceux avec qui je vais m’associer pendant des années. Regardez comme la ville d’Aveiro est si jolie, par exemple.

2 mois après, je n’ai plus que 2 fournisseurs en lice après avoir fait un gros tri sur ceux que je préférais et les plus motivés par le projet. J’ai finalement eu un bon feeling avec Artur qui a été le premier partenaire (en plus du fournisseur français) à vraiment croire au projet.

Il a accepté de rejoindre l’aventure MCC et d’embarquer son équipe dans le développement produit loin d’être simple et avec un retour sur investissement peu visible au début…

Maintenant que j’avais trouvé mon usine principale (pour les chaussures), il me fallait une usine pour les talons et Artur m’avait présenté quelqu’un lors de mon premier séjour. Mais le feeling n’était pas bien passé. Il ne parlait pas anglais et ne faisait pas d’effort pour me parler doucement en portugais. Bref, je n’étais très motivée à l’idée de travailler avec lui mais je n’avais pas trop de choix. 

2ème séjour au Portugal, le jour de notre rendez-vous usine, ce fameux fournisseur nous abandonne en dernière minute.

Il fallait trouver quelqu’un d’autre rapidement lorsque j’étais sur place. Artur a eu la brillante idée de me mettre en relation avec Dulce, celle sans qui MCC ne serait pas là aujourd’hui pour vous proposer de talons à la fois originaux et solides.

Et il y avait cette jolie citation dans la salle d’attente : un signe, non ?

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Je viens de vous raconter la phase R&D et recherche de fournisseurs. C’est l’été 2017 et désormais, il va falloir accélérer le développement pour pouvoir proposer des produits à la rentrée grâce à une campagne de crowdfunding. Et ça, c’est une autre histoire, pleine de péripéties et de difficultés encore. Je vous la raconterai dans un prochain article !

ET ENFIN...

Comme vous pouvez le voir, commencer une marque n’est pas de tout repos… Mais c’est une aventure incroyable dans laquelle je me suis pleinement épanouie. 

J’aimerais remercier à nouveau toutes les personnes qui ont cru au projet et en moi (on se croirait à la remise de la Palme d’or haha), à commencer par mon père bricoleur et plein de bonnes idées, ma mère qui m’a nourrie/logée/blanchie pendant cette période de difficultés financières, mon amoureux qui m’a épaulée depuis le début puis mes amis entrepreneurs qui m’ont conseillée et enfin les usines qui m’ont fait confiance et qui ont pris le temps de travailler sur MCC.

MERCI <3

Mots clés : entrepreneuriat

Commentaires

Créé sur mercredi, novembre 18, 2020 Posté par Valentine Commenter
Félicitations pour ce travail acharné qui nous permet d’avoir de superbes chouz et de supers talons !!!
Les parcours n’a pas du être évident mais heureusement que vous n’avez rien lâché, ce projet est génial.
Je n’ai pour l’instant qu’une paire de babies et 2 paires de talons mais ma liste de Noël est bien remplie de bottines et de talons

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